Borgen – S.01

Écrit le 10 mars 2012 par Le Renard

Borgen (S.01) crée par Adam Price

Synospsis : Birgitte Nyborg, chef du parti centriste, devient la première femme Premier Ministre du Danemark.

Avant tout, rappelez vous : En général, je n’aime pas trop les séries policières, ni juridiques, ni la SF, ni les séries politiques. Mais voilà, parfois y a des exceptions, comme par exemple Castle et White Collar qui détournent les codes du genre policier. Et puis désormais, Borgen est mon exception politique (enfin y a eu Spin City mais c’pas pareil !). J’avais tenté Boss mais j’avais arrêté au 2ème épisode et j’avais pas trop envie de tenter The West Wing mais vu les comparaisons élogieuses avec Borgen, why not ? Bref, Borgen, c’était génial, je l’avais dans ma liste « Trucs à tenter » et Arte m’a donné l’occaz’ de m’y mettre plus tôt alors merci !

C’est danois donc aussi linguiste que je sois (ironie), il me la fallait en VF parce que déjà, les noms et les visages, j’ai beaucoup de mal (pourtant, y en a moins que dans Game of Thrones) mais alors si en plus vous me parlez dans une langue qui ne ressemble à aucune que mon cerveau reconnait, c’est foutu. C’est de la politique danoise également et même si on a peu d’éclairage sur le fonctionnement au point de se perdre un chouilla au début si on a pas fait de recherches, on note très vite que c’est pas très éloigné du fonctionnement British. On suit donc Birgit qui accède au poste de Premier Ministre du Danemark. Si son élection « imprévue » se fait en 2 épisodes et qu’on ne s’attardera pas trop sur la présence de la première femme à ce poste, Birgit est comme nous et doit prendre ses marques à la minute même de son élection. On la suit donc lors de grandes prises de décision, de la formation de son gouvernement aux premières décisions officielles mais aussi dans sa vie de famille que son nouveau métier touche de près. On sent les prémices arriver dès la première moitié de saison mais sa famille sera l’apport drama de Borgen. Le gros intérêt à mes yeux de cette série, c’est l’évolution de Birgit Nyborg qu’on adore tous et qui se fait donc à travers son poste et son rôle d’épouse et de mère.

Katrine Fønsmark (Birgitte Hjort Sørensen )

Dirigeant d’une main de fer son gouvernement tout en y apportant parfois la douceur et la stabilité féminine, Birgit va évoluer sous l’emprise du pouvoir. Doucement et subtilement, c’est son mari et ses enfants qui nous le montrent à grands renforts de lignes de dialogue piquantes (« On ne discute plus, tu décides »), jusqu’à l’éclatement. On s’en doutait parce qu’au fur et à mesure des épisodes, on se rend compte qu’obtenir tout pouvoir signifie plus ou moins tout abandonner, pourtant comme Birgit, on y a cru, d’abord parce que Philip a, au départ, une capacité d’abnégation (et donc un capital sympathie) relativement incroyable. Mais la réalité rattrape vite (un peu trop à mon goût) le couple qui se fissure jusqu’à l’éclatement final inévitable (magnifique scène de l’interview). Si la politique des partis est abordée dans les épisodes de départ, Birgit se concentre vite sur les questions plus générales comme l’écologie, la défense, la place des femmes dans la politique ou la douloureuse question du Groënland qui bénéficie d’un traitement de fond. Cette dernière constituait une escapade savoureuse mais triste, surtout pour ceux qui comme moi, n’ont aucune idée ce qui se passe là-bas et des liens entre les deux pays. Comme dit, l’évolution de Birgitte est juste dosée comme il faut, de son apprentissage du pouvoir à ses idées confrontées à la réalité (Ah le moment où elle avoue qu’elle pensait mentir à ses électeurs plus tard qu’un mois après ses élections).

Mais la dame est bien entourée. Si elle représente le pouvoir, Kasper, son spin doctor, incarne le contrôle même si son duo avec Birgitte les met plus ou moins sur le même pied d’égalité en terme d’intelligence. La différence, c’est  que Birgitte s’accroche tant bien que mal à ses principes quand Kasper a bien compris que ça ne pouvait pas fonctionner et tente de lui/nous montrer les nuances. Il manie les mots avec savoir, sait tout régler et cette aura de mystère qui l’entoure en font un personnage incontournable. Dès le départ, ses actions nous indiquent que contrairement à Birgitte et malgré le fait qu’on sente que c’est un bon gars, il hésitera rarement à malmener l’éthique politique. Face à d’autres candidats aussi pourris, on peut le comprendre. Petit à petit, sa vie privée se dévoile, ses hésitations et ses blessures, et tout ça ne fait que rendre le personnage attachant.

La troisième face du pouvoir est en réalité le contre-pouvoir, incarnée par Katrine, une journaliste. A l’issue du premier épisode, je l’avais cataloguée comme cruche et peu intéressante et j’avoue m’être trompée comme il faut. La demoiselle est hargnieuse, intelligente, et représente cette morale d’information quelque peu disparue. Son sens des valeurs lui vaut beaucoup d’ennui mais sa pugnacité force le respect tout comme son attachement à Kasper. Je regrette cependant que son rôle soit si redondant pour le moment (Elle est la seule qui sert de « contre-oeil » à ce que l’on voit).

Ces trois-là représentent donc 3 facettes du pouvoir et les épisodes entremêlent leurs histoires avec un équilibre très sympathique et surtout, ça permet de nous éclairer sur un pays que peu d’entre nous connaissent (MOI, je connaissais pas !).

Je regrette un truc (et encore…), c’est que la construction d’épisode soit si redondante dans sa narration. Mais les histoires et les acteurs sont si bons qu’on l’oublie instantanément et très vite, on arpente le château (décor familier au fil des épisodes), la rédaction de TV1 ou la maison de Birgitte avec intérêt, notamment grâce à une photographie maîtrisée (et je le remarque rarement, c’est vous dire).

8.5/10 Borgen est une série politique qui a su jongler avec tous les codes du genre et qui injecte à l’ensemble une touche de drama axé sur le relationnel entre les différent protagonistes. Le fait qu’elle soit danoise vous ravira, si comme moi, vous êtes curieux de temps en temps. Merci Arte !

Le petit mot de moi : J’oubliais : C’est Arte qui me l’a faite regarder mais c’est bien Livia qui me l’a faite découvrir alors allez lire son avis (bien plus détaillé !).


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